UN « DEFENSEUR » DE LA HAGANAH
« Leader » brigades Alexandroni, Kyriati, Etzoni
Par Jean-François Ladève

Pour fêter les deux ans de notre exceptionnel article sur la Haganah pendant la guerre d’Indépendance Israélienne de 1947-49, publié dans Uniforme Mag, un focus sur nos recherches acharnées !

Un défenseur de la Haganah par Robert Capa, front central, début 49 (brigades Alexandroni, Kyriati et Givati). Cette photo constitue le point de départ de notre documentation photo-reportage.

Un défenseur de la Haganah par Robert Capa, front central, début 49 (brigades Alexandroni, Kyriati et Givati). Cette photo constitue le point de départ de notre documentation photo-reportage.

Dans le cadre de ses objectifs de reconstitution photologique qu’elle s’est fixée, notre association CooneyParties est sans cesse à la recherche de particularismes historiques identifiables par le photoreportage. Cet article est le premier d’une longue série. Du 30 novembre 1947 à mars 1949 se déroule la guerre d’Indépendance Israélienne dans laquelle s’illustre la force de défense sioniste : la Haganah.
Thème trop peu abordé, le « défenseur » de la Haganah est pourtant le soldat-citoyen contemporain par excellence. Depuis la deuxième guerre mondiale, il est riche d’une longue expérience. Une pugnacité qui va faire la différence pendant la guerre contre les Anglais et la coalition arabe.

Avant propos :

Afin d’illustrer cet article convenablement, nous avons réuni pendant un an des effets originaux et représentatifs via nos contacts dans la région de Tel Aviv. Seul les brodequins sont des ersatz personnels fait à l’identique sur une base US et GB. Trois autres (brassards) sont des confections locales reconstituées d’après modèles et documents avérés.
La guerre d’Indépendance Israélienne, un contexte en deux phases :
Avant tout, il faut restituer le contexte historique. La guerre d’Indépendance israélienne se déroule en deux parties. Pour les nationalistes juifs il faut d’abord « chasser l’anglais » qui occupe la Palestine puis établir un Etat sur le sol historique d’Israël (prôné par le mouvement sioniste). La première phase ou « guerre Civile » se déroule du 30 novembre 1947 au 14 mai 1948 où les anglais font face aux forces sionistes et nationalistes arabes. La deuxième phase est le premier conflit israélo-arabe du 15 mai 1948 à mars 1949.

Guerre d’indépendance israélienne: carte des mouvements de l’offensive arabe et contre offensive israélienne du 1er juin 1948 à Janvier 1949.(Emilie Granja, Jean-François Ladève pour Cooney-Parties tous droits réservés.)

Guerre d’indépendance israélienne: carte des mouvements de l’offensive arabe et contre offensive israélienne du 1er juin 1948 à Janvier 1949.(Emilie Granja, Jean-François Ladève pour Cooney-Parties tous droits réservés.)

la guerre d’Indépendance: guerre civile et premier conflit Israelo-arabe :

Depuis 1920, la Palestine est sous contrôle et administration du mandat britannique. La grande révolte arabe de 1936-1939 menée par les nationalistes Palestiniens marque un tournant. Bientôt le pays est l’objet d’un conflit entre les nationalismes juifs et arabes palestiniens qui s’opposent l’un et l’autre aux britanniques mandataires. Cependant les forces armées sionistes sont renforcées et organisées, et l’élite arabe arrêtée ou ostracisée. Après 1945 tout s’accélère. Le 14 février 1947, face aux attaquent des nationalistes sionistes juifs, le gouvernement britannique de Clement Attlee, ne parvenant plus à maintenir l’ordre en Palestine et sortant ruiné de la Seconde Guerre mondiale, décide de remettre son mandat aux Nations-Unies.

Le civilian war correspondent Frank Scherschel fait poser des hommes de la Haganah pour LIFE MAG. On distingue bien les effets GB tropical khaki drill et battle dress P 40, casques MKII et III, chemise poplin 41 US ou ersatz ainsi que l’armement tant us que britannique.

Le civilian war correspondent Frank Scherschel fait poser des hommes de la Haganah pour LIFE MAG. On distingue bien les effets GB tropical khaki drill et battle dress P 40, casques MKII et III, chemise poplin 41 US ou ersatz ainsi que l’armement tant us que britannique.

L’ONU désigne un comité, l’UNSCOP (United Nations Special Committee on Palestine), composé de représentants de 11 États neutres. Lors du vote du 29 novembre 1947, l’Assemblée Générale adopte le « plan de partage de la Palestine » en deux États, l’un arabe, et l’autre juif. Jérusalem reste sous l’égide de l’ONU. A la suite du vote de ce partage, l’État d’Israël déclare son indépendance le 14 mai 1948. Au lendemain de la déclaration, des combats éclatent partout sur le territoire palestinien. Arabes et juifs palestiniens s’engouffre dans le cauchemar de la guerre civile, voisins contre voisins, villes, villages et hameaux. Des atrocités sont commises de part et d’autres par les forces nationalistes antagonistes, notamment le massacre du village arabe de Deir Yassin le 9 avril 1948 où 250 civils trouvent la mort. Un acte perpétué par des membres des forces issus de la Haganah et du Palmach. Après un premier mouvement de terreur, les nationalistes arabo-palestiniens répondent avec les mêmes abominations.
Après un conflit civil meurtrier, la guerre d’Indépendance israélienne entre dans sa phase deuxième phase : les armées régulières de 5 États arabes (Égypte, Liban, Syrie, Jordanie et Irak) attaquent et envahissent le jeune État juif. La guerre d’Indépendance s’est mut en première guerre Israelo-arabe. Après de nombreux cesser le feu entrecoupés d’opérations armées, un accord est conclut en mars 1949. Israël est désormais un Etat.

Une autre photo de « Bob » Capa montre les hommes d’une des brigades de la plaine centrale (Alexandroni, Kyriati et Givati) ou Sud Jérusalem (Etzoni) en mouvement, mai-juin 48 front ouest de Jerusalem. On y distingue casques MKII et III avec filet et bande de camouflages, Khaki drill trousers P 40, chemise « cotton » locale us, brassards et Sten MKII, small pack pourvoyeur, kar 98 tchèques, ceinturon garand US...

Une autre photo de « Bob » Capa montre les hommes d’une des brigades de la plaine centrale (Alexandroni, Kyriati et Givati) ou Sud Jérusalem (Etzoni) en mouvement, mai-juin 48 front ouest de Jerusalem. On y distingue casques MKII et III avec filet et bande de camouflages, Khaki drill trousers P 40, chemise « cotton » locale us, brassards et Sten MKII, small pack pourvoyeur, kar 98 tchèques, ceinturon garand US…

Les forces sionistes en présence :

En 1945, si l’Agence Juive fait figure de gouvernement central, le Yichouv (qui désigne l’ensemble des Juifs présents en Palestine avant la création de l’État d’Israël) n’a pas encore d’armée nationale mais des forces actives pour se défendre. Il est utile de les distinguer: la Haganah (la Défense : dirigée par David Ben Gourion), le Palmach (corps d’élite), l’Irgoun (groupe dissident de Menahem Begin) et enfin le groupe Stern et le Lehi (Combattants pour la Liberté d’Israël) de Avraham Stern. Tous les membres de ces groupes vont intégrer Tsahal ou (Armée de Défense d’Israël) créé par le Gouvernement Provisoire le 26 mai 1948.

Cette photo d'avril 48 nous montre bien les uniformes hétéroclites de la Hagana au cœur de la guerre civil et d’Indépendance de 1948-49. GB Tropical khaki drill trousers pattern 40, battle dress P 40, web anglais et cap comforter, chemise poplin us ou ersatz.

Cette photo d’avril 48 nous montre bien les uniformes hétéroclites de la Hagana au cœur de la guerre civil et d’Indépendance de 1948-49. GB Tropical khaki drill trousers pattern 40, battle dress P 40, web anglais et cap comforter, chemise poplin us ou ersatz.

La Haganah, la défense :

Haganah ( : הגנה défense en Hébreu) était une organisation de défense clandestine du Yichouv créée en 1920 par les fondateurs du syndicat des travailleurs sioniste Histadrout elle est déployée dans les kibboutzim (communauté ou village collectiviste sioniste et socialiste) Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, les membres de la Haganah se sont enrôlés dans les diverses unités des Forces Armées Britanniques. Chaque communauté agricole, ville ou voisinage juif considérait la Haganah comme une organisation militaire de défense légitime. Composée d’hommes et de femmes, elle était la plus importante force militaire juive qui opérait contre les anglais. Elle menait des opérations de libération d’immigrants, de sabotage, de destructions. Au vote du partage du 29 novembre 194, la mission de protection de la communauté juive (Yichouv) fut assurée par la Haganah. Elle était passée sous le commandement d’un état-major national et en plus de ses unités terrestres, elle possédait les prémices d’une force aérienne et d’une marine.
En janvier 1948, la Haganah aligne théoriquement 56 000 hommes. Cet effectif est subdivisé en milices : la milice stationnaire Him la milice mobile Hish les jeunes sionistes du Gadna, les brigades d’Assaut du Palmach (voir plus bas) et enfin les éléments navals du Palyam.
Et en février 1948, la Haganah totalise Six brigades ; Alexandroni, Kyriati et Givati pour la plaine centrale, Carmeli à Haïfa, Golani sud Nazareth, enfin Etzoni au sud Jérusalem.

Corps armé de soldat-citoyens mixte des Kibbutzim, les forces de défense de la Haganah compte un nombre non négligeable de femmes combattantes et ce dès 1945.

Corps armé de soldat-citoyens mixte des Kibbutzim, les forces de défense de la Haganah compte un nombre non négligeable de femmes combattantes et ce dès 1945.

Le Palmach :

Le Palmach (abréviation hébraïque de פלוגו ת מחץ , « Plougot Makhatz, compagnies de choc, Brigades d’Assaut ») est créé en mai 1941 par Yitzhak Sadeh pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Sa mission est d’aider les Britanniques à défendre la Palestine mandataire contre l’Allemagne nazie. Elle était la force combattante d’élite de la Haganah. Une véritable Force Spéciale calquée sur les commandos britanniques dont ses cadres étaient tous issus. Outre ses actions visant à faciliter l’immigration, Le Palmach devenu clandestin mena également une violente guérilla contre la domination britannique pendant la première phase de la guerre civile. De mars à avril 1948, il se divisait en trois brigades : Harel (pour Jerusalem), Yiftach (Galilée) et Haneguev (Gaza-Bersheba). Il a subi de lourdes pertes pendant la guerre.

Bob Capa. Membres du Palmach (compagnies de choc, Brigades d'Assaut) en action. Le casque para MKII  est visible.

Bob Capa. Membres du Palmach (compagnies de choc, Brigades d’Assaut) en action. Le casque para MKII est visible.

L’Irgoun Tsvaï Léoumi :

A l’été 1929, un groupe de commandants et de membres de la Haganah, dirigés par Avraham Tehomi, décide de créer un nouveau groupe. L’Irgoun (hébreu : , ארגון צבאי לאומי Organisation Militaire Nationale ou ETZEL) préconisait une ligne d’action énergique contre l’agression arabe et s’opposait à la politique modérée adoptée par la Haganah. Le 1er février 1944, le nouveau commandant Menahem Begin, en fit un vrai groupe dissident de la Haganah.
La coopération entre Haganah et Irgoun fut rompue suite à l’attentat à la bombe commis par l’Irgoun contre l’Hôtel King David à Jérusalem le 22 juillet 1946 (Quartier Général du secrétariat du gouvernement mandataire). Le parti Likoud de Menahem Begin en est l’extension politique contemporaine.

Le Groupe Stern, le Lehi:

Le groupe Stern est un groupe dissident extrémiste clandestin fondé et dirigé par Avraham Stern, qui est séparé de l’Irgoun en 1940. Stern est tué par la police anglaise en février 1941, ses hommes se réorganise sous le nom de Lehi, un acronyme des mots « Lohamei Herout Yisrael » (hébreu , לוחמי חרות ישראל Combattants pour la Liberté d’Israël). Il opère donc de 1941 à 1948. Les buts du Lehi sont maximalistes et n’hésite pas à organiser, attentats et assassinats contre arabes et britanniques. Isolé du Yishouv, traqué par les anglais, son terrorisme engendra également d’innombrables conflits d’opinion avec la Haganah.
Après l’attentat à la bombe de l’Hôtel King David à Jérusalem le 22 juillet 1946, le Lehi fut dissous mais poursuivit sa politique de harcèlement et d’usure.
Malgré ces divergences la Haganah parvint à un accord avec l’Irgoun et le Lehi pour coordonner la lutte.

Bob Capa, 9 juin 1948, dans les immeubles en ruines entourant la vieille ville de Jérusalem tenue par les arabes. Chemise poplin type us 41 ou ersatz confection locale, khaki drill trousers cotton P 40 et casque MKII...

Bob Capa, 9 juin 1948, dans les immeubles en ruines entourant la vieille ville de Jérusalem tenue par les arabes. Chemise poplin type us 41 ou ersatz confection locale, khaki drill trousers cotton P 40 et casque MKII…

Une guerre médiatisée:

La guerre d’indépendance fut un conflit médiatisé, particulièrement couvert par le photo-reportage, témoin essentiel. Les civilians War correspondents Frank Scherschel et Robert Capa, pour ne citer que ceux-là, ont accompagné la Haganah et le Palmach pendant la duré du conflit sur tout le front central et le sud Jérusalem. Leurs clichés sont un témoignage unique mais aussi une source uniformologique et militaire précieuse. Nous nous sommes grandement appuyés de cette documentation sur le vif.

 Sud Jérusalem - vieille ville, ce cliché  montre sans doute des soldats de la brigade Etzoni MKII avec tenue minimum pour les combat dans la vieille ville.

Sud Jérusalem – vieille ville, ce cliché montre sans doute des soldats de la brigade Etzoni MKII avec tenue minimum pour les combat dans la vieille ville.

Le nerf de la guerre:

Celui-ci a toujours constitué un problème de taille pour l’agence juive et les leaders sionistes. Pourtant ils vont réussir à doter la Haganah de façon conséquente. Dès juillet 1945, l’institut juif américain Sonnenborn va amasser les millions de dollars nécessaires à l’achat d’armes. En décembre 47, Ehud Avriel élabore ce qu’on appelle la « filière Tchèque » qui se concrétise par la livraison secrète d’armes (Mauser kar 98, mitrailleuses, canons etc..). L’Agence Juive récolte des millions de dollars aux US pour du matériels, munitions et armements, et même des chars Sherman et Hotchkins!

Photo et détail du Mauser Kar 98 importé par la « Filière Tchèque » de Ehud Avriel en décembre 47.

Photo et détail du Mauser Kar 98 importé par la « Filière Tchèque » de Ehud Avriel en décembre 47.

Photo et détail du Mauser Kar 98 importé par la « Filière Tchèque » de Ehud Avriel en décembre 47.

Photo et détail du Mauser Kar 98 importé par la « Filière Tchèque » de Ehud Avriel en décembre 47.

Armement et Equipement:

La Haganah est très vite pourvus d’armes de points britanniques (Sten MKII, Webley, Bren) mais aussi d’importations clandestines provenant des USA (Thompson A1 ou M28, Colt A1, Colt police 38).

Un exemple de l'équipement US importé par l'agence juive en vue du conflit.  Le ceinturon Garand sert de pourvoyeur aux clips de Mauser Kar 98 Tchèque.

Un exemple de l’équipement US importé par l’agence juive en vue du conflit. Le ceinturon Garand sert de pourvoyeur aux clips de Mauser Kar 98 Tchèque.

Les ceinturons Garand de toutes dates servent à porter les munitions Kar 98 Tchèques. La gourde et sa housse US sont répandues. Le web anglais de base est généralisé.
Notre modèle est un leader de la brigade Alexandroni (Kyriati et Etzoni sont aussi représentées) sur le front central. Comme tous les officiers de la Haganah il ne porte pas de grades. Ils ne sont pas généralisés sur le papier mais leur absence s’explique aussi par l’esprit d’égalité traditionnel de ce corps. Un héritage de la vie en communauté des Kibboutzim. Il a opté pour un solide Sten MKII et un revolver Webley 38 MKIV emprunté aux stocks britanniques mandataires. Le small pack en bandoulière sert de pourvoyeur des chargeurs du Sten. Les jumelles sont des US Westinghouse et l’étui est un GB blancoté daté 43. Le ceinturon, le holster, les lunettes de protection et la gourde GB sanglée achève l’équipement. Ils sont respectivement daté 45 et 43.

Inspiré d'une fameuse photo du reporter de LIFE magazine Robert « Bob » Capa, un leader de la Brigade Alexandroni ou Kyriati  front central et ouest Jérusalem, mai-juin 1948. Outre le battle dress khaki drill P40, il porte la tenue fréquemment rencontré : ersatz us, Chemise poplin 41 locale,  pantalon type us 47-48, équipements us et britanniques divers. Sten MKII, Webley MKIV.

Inspiré d’une fameuse photo du reporter de LIFE magazine Robert « Bob » Capa, un leader de la Brigade Alexandroni ou Kyriati front central et ouest Jérusalem, mai-juin 1948. Outre le battle dress khaki drill P40, il porte la tenue fréquemment rencontré : ersatz us, Chemise poplin 41 locale, pantalon type us 47-48, équipements us et britanniques divers. Sten MKII, Webley MKIV.

L’uniforme :

La Haganah se procure ses uniformes dans les stocks et surplus laissés par les anglais. Mais dès 1945, les usines et les ateliers tournent à plein et élaborent des ersatz US et britanniques. Notre défenseur porte un pantalon de confection locale qui oscille entre le US wool trousers M47-48 et le pantalon BD anglais. Cependant le tropical BD khaki drill trousers cotton pattern 40 et le khaki Drill Short restent les plus répandu.

Uniforme de combat des défenseurs la Haganah. De gauche à droite : Pantalon wool ersatz du US M47-48, chemise de confection locale type poplin 41 et chemise poplin 41 d'importation US. On rencontre aussi la chemise britannique aertex.

Uniforme de combat des défenseurs la Haganah. De gauche à droite : Pantalon wool ersatz du US M47-48, chemise de confection locale type poplin 41 et chemise poplin 41 d’importation US. On rencontre aussi la chemise britannique aertex.

La chemise est remarquable ! Confectionnée dans une poplin très fine devenue fragile, elle s’inspire des coupes US de type coton 1941. Des modèles avec ou sans épaulettes se côtoient. Une veste de battle dress anglaise daté 44 complète l’uniforme. La sweeter vest US et le pull officier GB sont aussi avérés par les clichés. Par contre la Denison Smock et les tenues desert ou camo Windproof furent visiblement réservés aux brigades d’assaut du Palmach.

Un leader de la brigade Alexandroni de l'armée de défense Haganah, front central, mai-juin 1948. Par tradition, les officiers ne portent pas de grades visibles. Pantalon de confection locale inspiré du US 47-48, BD jacket P40, casque MKII, STEN MKII, et le brassard « HAGANAH » (DEFENSE) qui servait sans doute surtout à l'instruction dans les Kibbutzim.

Un leader de la brigade Alexandroni de l’armée de défense Haganah, front central, mai-juin 1948. Par tradition, les officiers ne portent pas de grades visibles. Pantalon de confection locale inspiré du US 47-48, BD jacket P40, casque MKII, STEN MKII, et le brassard « HAGANAH » (DEFENSE) qui servait sans doute surtout à l’instruction dans les Kibbutzim.

Battle Dress pattern II 40 datée 44 et ceinture d'officier US, attestés par les photo-reportages.

Battle Dress pattern II 40 datée 44 et ceinture d’officier US, attestés par les photo-reportages.

Toujours inspiré des clichés de R. Capa et F. Scherschel, vu de dos de notre leader, officier de la brigade Alexandroni ou Kyriati : mai-juin 1948

Toujours inspiré des clichés de R. Capa et F. Scherschel, vu de dos de notre leader, officier de la brigade Alexandroni ou Kyriati : mai-juin 1948

Défenseur de la Haganah de la brigade Etzoni au sud Jérusalem pendant les combats dans la vieille ville en  mai-juin 48 (front ouest de Jerusalem). Comme le démontrent les photos des War correspondents Frank Scherschel et Robert Capa, les membres de cette brigade portent souvent le strict minimum.

Défenseur de la Haganah de la brigade Etzoni au sud Jérusalem pendant les combats dans la vieille ville en mai-juin 48 (front ouest de Jerusalem). Comme le démontrent les photos des War correspondents Frank Scherschel et Robert Capa, les membres de cette brigade portent souvent le strict minimum.

Le casque :

Le casque MKII avec ou sans filet et parfois bande de camouflage (photos de R. Capa) ainsi que le MKIII sont les plus largement distribués à la Haganah. Notre modèle MKII est daté 41. Le Palmach optait pour le casque para GB MKII avec sangle en Web. Le shemagh palestinien, les guêtres, les desert socks et les ammo boots ou des copies locales font partis de l’uniforme complet. Ici des ersatz de brodequins de confections achèvent la tenue.

STUDIOHAG-6 Panel de l'équipement de la Haganah pris au stock de l'armée Britannique après la guerre civile.

STUDIOHAG-6 Panel de l’équipement de la Haganah pris au stock de l’armée Britannique après la guerre civile.

Les brassards nationaux et de corps:

Comme les photos de Robert Capa l’attestent, les combattants de la Haganah portaient des brassards spécifiques à leur corps. Difficile de dire de quelle milice ou de quelle brigade il se réfère. Photoreportages et témoignages permettent d’affirmer que ces brassards ne furent pas systématiques mais très répandus dans les premiers mois du conflit.
On peut en isoler trois modèles :
 Deux clichés de Bob Capa attestent un large modèle aux armes du drapeau National avec une étoile de David recomposée et sans cordons.
 Un deuxième était plus étroit avec cordons  et enfin le troisième de forme plus rectangulaire reprenant le mot HAGANAH (DEFENSE) en lettres hébraïques. Ces derniers étaient peut-être portés en instruction.

Brassard du groupe dissident Irgoun, 1947. Tamponnés aux armes du groupe. La Haganah en avait-elle de similaire ?

Brassard du groupe dissident Irgoun, 1947. Tamponnés aux armes du groupe. La Haganah en avait-elle de similaire ?

Les exemplaires originaux sont rares et ceux qui subsistent sont postérieurs et dédiés à des congrès de la Haganah. Par regroupement nous avons pu élaborer des reproductions en déterminant les matières (respectivement, coton, lin et feutrine). Les brassards existant en coton bleu pétrole et tamponnés aux armes de l’Irgoun tend à établir que des modèles encrés furent également confectionné pour la Haganah. En revanche, rien ne le laisse penser concernant le Palmach.

Les trois brassards de la Haganah sont ici des reproductions faites main par nos soins d'après photos et documents. De haut en bas : « National » avéré par des témoignages ; « Haganah (Défense) » conçu d'après documents; « National » attesté par les photos de Robert Capa sur le front.

Les trois brassards de la Haganah sont ici des reproductions faites main par nos soins d’après photos et documents. De haut en bas : « National » avéré par des témoignages ; « Haganah (Défense) » conçu d’après documents; « National » attesté par les photos de Robert Capa sur le front.

REMERCIEMENTS :
– Les membres de l’association Cooney-Parties et particulièrement Thibaut Grimaldi alias « Kurt ». Notre secrétaire Stéphane Priez et le vice-président Jérémy Coué. Texte et collection: le président, Jean-François Ladève www.cooney-parties.fr
www.facebook.com/CooneyParties
– L’association Tommy & Caux (www.facebook.com/Tommy.Caux), Nicolas Bucourt, Adrien Daufresne et tous les autres pour leur aide.
Crédit Photos : Remi Ganja, Jean-François Ladève, Emilie G., Thibaut Grimaldi.